3 février 2010

Valorisation de la recherche: le pari du transfert technologique

Issu du monde industriel (Transgene S.A., groupe Biomérieux Alliance), le Dr. Manuel Rosa-Calatrava a intégré le laboratoire public de Virologie et Pathologie Humaine Virpath (voir l'encart ci-dessous) dont l'objet principal est d'étudier la biologie fondamentale des virus influenza et en particulier  celui de la grippe pandémique A H1N1.
Chargé de recherche Inserm et en charge de plusieurs projets de recherche au sein de cette structure, il est également « correspondant valorisation » auprès du CNRS. Depuis son arrivée, cahiers de laboratoire, procédures de déclaration d'invention ou encore accords contractuels de collaboration ont davantage intégré le travail des équipes. « Il me paraît primordial de donner un sens et des enjeux à nos recherches et de prendre conscience de leur valeur », répond-il lorsqu'on l'interroge sur ses motivations. Car on reproche souvent à la recherche fondamentale, à tort ou à raison, de n'être pas suffisamment porteuse de richesse. Pour ce laboratoire, le bilan est cependant au rendez-vous : depuis 2008, huit brevets d'invention déposés, une entreprise en incubation avec Créalys  et un renforcement des partenariats avec les entreprises.
Réponse aux demandes sociétales
Au-delà de son objectif premier visant à faire avancer nos connaissances, la recherche publique revendique un rôle de terreau pour l'innovation. Cette démarche se trouve au coeur  (...) de l'activité du laboratoire Virpath, où se conjugue recherches fondamentale, appliquée et biomédicale. Mieux comprendre le fonctionnement moléculaire des virus influenza est le stade amont obligatoire pour anticiper et mieux gérer leur émergence dans une population. C'est également une base de travail essentielle pour le développement de nouveaux vaccins optimisés et de nouveaux traitements antiviraux n'engendrant pas de résistance, ce sur quoi  le laboratoire VirPath travaille via des pistes alternatives de recherche et développement. Centre National de Référence des virus influenza, il mène ses recherches avec les Hospices civils de Lyon. Cette forte interconnexion lui donne facilement accès aux souches virales épidémiques de référence ou de terrain qu'il peut caractériser et étudier, notamment en analysant leur virulence et les pathologies qui leur sont liées. Dans ce contexte, la forte orientation médicale de ses projets de recherche lui permet aujourd'hui de mener plusieurs essais cliniques.
Les acteurs du transfert vers les entreprises
Selon le Dr. Manuel Rosa-Calatrava, plusieurs défis sont à relever pour mieux valoriser la recherche fondamentale.
Tout d'abord, détecter les résultats de recherche ayant un potentiel de valorisation n'est pas chose facile : il s'agit d'un croisement entre connaissances et applications qui nécessite d'observer les recherches fondamentales, souvent hyperspécialisées, avec un regard économique et social. Le Dr. Manuel Rosa-Calatrava accompagne ainsi les chercheurs de son laboratoire dans cette démarche. Cela lui demande un mode d'organisation et des compétences spécifiques, ne serait-ce que celles relatives à la propriété intellectuelle ou à la rédaction de contrats de collaboration de recherche. Dans le cas d'une création d'entreprise par un chercheur, ce dernier peut bénéficier d'une période de mise à disposition pendant les premiers temps ou encore de la licence exclusive d'un brevet déposé dans le cadre de ses recherches et nécessaire à la future entreprise. A l'instar du service « Partenariat et valorisation » du CNRS en délégation Rhône Auvergne, qui accompagne  VirPath, tous les établissements d'enseignement supérieur et de recherche disposent de services similaires, tel Lyon Science Transfert pour l'Université de Lyon. L'incubateur d'entreprise Créalys est lui aussi un acteur primordial pour la création de jeunes pousses. Des outils existent donc en région. Au niveau national, des démarches incitatives ont été mises en place et d'autres, envisagées pour 2010, viendront les renforcer. La France a cependant une marge de croissance potentielle importante dans ce domaine lorsqu'on la compare aux autres pays. Modifié en 2008, le nouveau régime du Crédit Impôt Recherche, qui peut impliquer la recherche publique aux côtés du secteur privé, a pourtant porté ses fruits : lors d'une enquête réalisée par le Ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur en 2009, 66% des entreprises ont déclaré que ce mode incitatif plus avantageux les a incitées à renforcer leurs dépenses de R&D. Le signe évident d'une amorce de partenariat renforcé entre public et privé.

En savoir plus :
Le Centre de Recherche et d'Applications au Traitement de l'Image et du Signal (CREATIS) est l'unité mixte de recherche du CNRS, de l'Université Claude Bernard Lyon1, de l'Inserm et de l'INSA dont est issu CIRMA.
 www.creatis.insa-lyon.fr

Le Centre d'IRM pour Animaux (CIRMA) est une SARL située sur le site de l'Ecole nationale vétérinaire de Lyon (ENVL).
 www.irm-animaux.fr

Le Laboratoire Virologie et Pathologie Humaine (VirPath) est une unité commune au CNRS et à l'Université Claude Bernard Lyon1. Il mobilise également des personnels de l'Inserm, des Hospices civils de Lyon et de l'Inra. Il étudie les virus influenza et d'autres pathogènes viraux respiratoires.
Contact partenariat :mailto:manuel.rosa-calatrava@laennec.univ-lyon1.fr